
C’est un pays déroutant qui me rappelle beaucoup le Kenya de mon enfance : la végétation, la gentillesse des Cinghalais, mais aussi leur capacité à transformer des petites routes sinueuses à double sens, en quatre voies, où il est fréquent de voire des véhicules que le contrôle technique aurait écarté depuis des décennies de la route chez nous, se doubler dans des conditions rocambolesques !
La maison qui nous sert de « camp de base » est dans un petit village reculé au cœur du Sri Lanka ; Balangoda.
Nous sommes au centre de l’île, à 50 km de Ratnapura dans la région des mines.
Après avoir visité les zones minières autour de Ratnapura nous nous rendrons sur les marchés de Beruwela et Elahera.
Ici nous prenons conscience de tout ce que nous prenons pour acquis chez nous : eau chaude, et surtout potable, salle de bain, cuisine….

Les achats de pierre sont éprouvants nerveusement mais riches en enseignement, nous espérons ramener des gemmes auxquelles nous n’aurions pas accès à Bangkok.
Nous devons être les seuls occidentaux depuis très longtemps à Balangoda et les Cinghalais semblent stupéfiés de nous voir.
Hier au supermarché deux petits garçons ont couru vers moi pour tester leur Anglais « Hello, how do you do ? » puis il se sont précipités hilares pour raconter leur aventure à leur père.
Nous avons trouvé de quoi faire un break du chicken curry qui semble être le seul plat disponible ici. Menu royal pour le dîner : patates, fondue de poireaux, et oeufs durs.
Mais ce voyage, comme tant d’autres, me rappelle une chose essentielle :
les gemmes m’ont ouvert un chemin vers l’humanité.
Elles nous permettent d’aller à la rencontre du réel.
De voir ce qui se joue loin des vitrines parisiennes : la vie de ceux qui extraient les pierres, les taillent, les négocient. Souvent dans des conditions précaires, toujours avec l’espoir chevillé au corps.
On parle beaucoup des grandes maisons, des marques, des labels.
Mais nos pierres viennent d’hommes et de femmes, d’indépendants, d’anonymes.
Chaque gemme est un fragment de leur histoire, une trace de leurs espoirs.
Ce ne sont pas des produits, ce sont des passages.
Des liens entre leurs vies et la nôtre.
Et j’aime penser que si mes bijoux ont un sens, c’est parce qu’ils portent aussi cela.
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